28 février 2009
Ciné-réalité

Vous vous êtes rendus compte, tout comme moi, de le vitesse aveugle avec laquelle passe, inaperçue, la vie? Comment le temps file sans cesse et rend flous, sans pitié, nos traces et nos parcours? Comment le passé s'efface devant le présent qui, à son tour, devient éphémère en quête d'un futur incertain?
Que sommes-nous devant cette machine bien huilée, qu'est la vie? Sinon de simples passagers dont les parcours, comme des courbes, s'entrecroisent, se convergent les unes vers les autres, se divergent les autres des unes, sans but précis? Que sommes-nous pour ce destin masochiste, que de simple pions idiots qui s'entre-tuent, se disputent, s'effacent pour des raisons des plus idiotes?
Je me rappelle d'une partie d'un izli (poème chanté dans les régions amazighophones du Maroc) où la poète comparait la vie souk (marché hébdomadaire). Ce dernier commence très tôt à rassembler les gens, bouillonne à midi et devient un désert l'après-midi.
Vous vous rappelez, moi non plus, de tous les endroits que vous avez visités, de personnes connues, de visages rencontrés? Vous vous souvenez de ô combien de chemins suivis, de choix pris, d'occasions ratées, ô combien de rêves, de défaites, de regards, d'ambitions, de joies, de souffrances, d'amours, de haines,... Ô combien de vies vécues?
La vie est un grand écran, le géant, le vrai. Les acteurs improvisent leurs rôles. Les scènes se poursuivent sans scénarion préalable, sans réalisateur. Et c'est du hasard que relèvent les rencontres et les occasions et d'eux le choix de suivre tel ou tel chemin, de prendre telle ou telle décision...
Chaque acteur se croit le centre du monde, le personnage principal de son propre film, et les autre des figurants plus ou moins imminents.
Je souhaite, dans cette série, pouvoir trouver un disposition organisée de ses flux, de forme aléatoire, de passants traversant l'espace urbain et d'en souligner l'aspect potentiellement éphémère et hasardeux. Il s'agit d'une approche pour appréhender la masse humaine qui se déplace dans l'espace urbain, et surtout le concept du hasard qui gère la relation entre les uns et les autres dans cette série infinie de photos qu'est la vie.
16 février 2009
Visages angéliques

© PhotoAyour
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11 février 2009
Visages Booléens
"Le visage a le bonheur d'être conçu comme le lieu physique le plus métaphysique du corps, il est le lieu nu le plus voilé du corps, il est lieu présent le plus absent du corps, il est un espace mythique dont toute réception devrait être mystique".
Atmane Bissani

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Je n'aime pas la politique, c'est un monde où l'hypocrisie est monnaie courante, et non plus les Hommes politiques: Ce sont des êtres humains ayant une compétence inégale, surtout à travers la télé, de mettre en valeur un visage qui n'est pas le leur, de nous montrer leur "paraître" au lieu de leur "être". Leurs visages surmaquillés, leurs expressions risibles, leurs déclarations mensongères et leurs prises de position jamais comprises m'engouffrent dans un étonnement et une inquiétude de grande portée et ne me laissent pas du tout indifférent.

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Un homme, et bien sûr une femme, politique est tout comme une variable en algèbre de Boole a deux états, deux positions, deux présences: Patente et latente. Dans le premier cas, celui que le téléspectateur rencontre à travers sa "boîte à merveilles", si l'on reprend l'expression de l'écrivain marocain francophone Ahmed Sefrioui, le visage est forme géométrique, le visage est maque dont "le maquillage le prive d'être visage". Dans le second, caché et sans masque, est la profondeur, la douleur de l'être. Il est le conscient/l'inconscient, la réalité inavouée des vraies intentions et convictions de cet être qu'on appelle politicien.

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Le résultat: Ces lignes sans rythme, ces formes informes, ces couleurs stridentes n'évoquent pas le vrai visage de ces "êtres" qui peuplent nos écrans et par conséquent nos rêves et nos cauchemars? Ne renvoient-elles pas à la réalité/vérité de ces "êtes fragiles/solides"? Ces visages ne sont pas leurs vrais visages, ceux de leur quotidien de tous les jours, de leur vie privée, de leur cercles hermétiquement clos?

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Ce travail est un "geste en apparence mineur et pourtant riche en signification", si je me permets de le décrire en reprenant les termes de Quentin Bajac à propos de "TV Shots" du photographe belge Harry Gruyaert. C'est un travail s'inscrivant dans une approche par laquelle j'essaie de comprendre la réalité, beaucoup idéalisée par la télé des politiciens. Un essai de photographier l'invisible, aller au-delà des apprences pour atteindre leurs profondeurs les plus ténèbreuses et toucher à leurs âmes psychologiques. Pari réussi? c'est à vous de le dire.

05 février 2009
Univers hallucinatoires

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Six ans après mon dernier séjour, j'ai passé dernièrement 30 heures à Casa. Arrivé en provenance de Fès dans les wagons d'hortreur de l'ONCF le vendredi 30 janvier à 17h, j'ai rebroussé chemin le lendemain à 22h30.
Première chose vue: Un emboutteillage jamais vu, moi qui est habitué aux ruelles semi-arides et semi-vides d'une ville, Missour, qui ne vaut même pas un quartier de notre mégalopole.
Première personne rencontrée: Abdelwahed, un ami que je n'ai pas vu depuis les années du lycée à Fès. Avec qui j'ai passé d'agréables moments développés de sentiments de nostalgie.
Première chose entendue: Les klaxons stridents des automobiles et les sirènes d'ambulances me rappelant les dernières offensives à Gazza. La mort partout?
Pendant ces 30 heures, j'ai pu me rendre compte de l'impossibilité, ou presque, pour un compagnard que je suis de vivre ces univers hallucinatoires au sein d'une ville dévorante, Casa, qu'elle soit Blanca ou Negra, peu importe. Une ville ou plutôt un monde à part, un monde mystérieux et impénetrable pour une personne habituée aux mêmes visages, aux mêmes endroits, fidèle aux mêmes habitudes.
Le samedi, j'avais droit à assister à la cérémonie de remises des prix de la MBA2009 au théatre Med 6, dont nous avons de grandes difficultés à atteindre. Une occasion pour faire la connaissance pour la première fois de l'aimable Youness ( que je félicite pour avoir remporté le prix du Meilleur Blog Artistique), de l'agréable Fedoua (notre co-finaliste que je remercie pour pour avoir posé devant mon objectif) et d'autres visages de la blogosphère marocaine que je connaissais à peine à travers leurs blogs. J'étais le seul venu du Maroc Inutile :))
La cérémonie a été conviviale, même si je n'ai pas pu rester jusqu'à la fin, (j'ai peur qu'on dise à mon propos: Mcha 3lih train!) où j'ai beaucoup apprécié les jongleuses de Nouwara Fire Project (voir les belles prises de Neth) et les percussionnistes d'Ostina Tono desquels je livre ces photos dont l'approche n'est ni journalistique ni documentaire, elles s'inscrivent dans ma quête de dégager ce que j'ai ressenti lors du concert. Un vrai groupe qui sait bien enflammer les âmes.

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23 janvier 2009
Che Guevara's Attitude























