22 décembre 2008
Mémoires ou Carnet de dé-route ?

là-bas, à Rabat, où se trouve les institutions les plus belles et les plus attirantes et où se concentre le capital culturel dans un point géographique qui n'occupe même pas le centre du territoire marocain*, se tient depuis jeudi 18 décembre 2008 jusqu'au 31 janvier 2009, la 13ème édition du Salon National d'Art Photographique autour du thème "Mémoires".
J'avais envie d'y être présent, mais, malheureusement, j'ai raté encore une fois l'événement photographique n°1 du Maroc.
Le week-end dernier, j'étais à Fès. J'ai du entrer à missour le lundi avant 14h pour le travail après une semaine de repos pour digérer les graisses des moutons tranquillement(!!), mais malheureusement encore, le voyage qui dure 4 heures et demie par temps normal s'est prolongé en 29 heures, oui 29 heures pour ces 200 km qui séparent Missour et Fès. Il a neigé sur les cimes du moyen Atlas. J'ai quitté Fès le lundi à 09h, comme j'ai eu l'habitude de le faire, et je n'ai pas pu arriver à Missour que le lendemain à 14. Entre-temps, j'ai passé une nuit horrible à Boulemane où le thermomètre annonçait -10 degrés à minuit. Il était donc impensable de refaire ce parcours et se lancer dans une autre aventure incertaine de plus de 400 km pour assister au vernissage du SNAP.

© PhotoAyour
Pour arriver à Boulemane j'avais été obligé de faire des escales à Sefrou et à Guigou en prenant à chaque fois un grand taxi (Mercedes 240). La circulation a été rare et dangereuse à cause du glissage. Notre taxi avançait aux environs de 15km/h.(© PhotoAyour)
A Guigou, la ville agricole de Boulemane, l'état des ruelles a été catastrophique. Mon compagnon a choisi de rendre visite à une amie à lui. Dans des conditions précaires, il y a toujours excès en ce qui concerne les drogues, les crimes et le sexe.(© PhotoAyour)
Le bus Tanger-MissourTanger-Missour arriva enfin à 16h pour nous déterrer du froid, mais nous avions besoin de 3 heures pour parcourir les plus dangereuses 30km qui nous restaient de Boulemane. Il fallait à chaque virage caler les voitures. On avançait comme des tortues! (© PhotoAyour)
Après une nuit horrible (qui ferait l'objet d'un billet prochain), la route a été ouverte, mais la plupart des engins refusaient de démarrer, il fallait faire appel au "dépannage" comme c'est le cas dans cette photo en haut où le chauffeur utilise une bouilloire pour dégeler le radiateur.(© PhotoAyour)
Sur le panneau, tous les chemins sont libres. Non! La route qui mène à Imouzzer Marmoucha était encore fermée on ne peut plus jusqu'à quand. Le vent soufflait très fort qu'il était impossible de voir, de temps en temps, au delà de pare-brise. Il fallait partir en convoie. En tête de peloton un camion de Travaux Publiques muni d'un chasse-neige.(© PhotoAyour)
* d'après "Le droit à la culture et la centralisation du capital culturel au Maroc"
Benhmed Houga in "Dafatir Siyyassia n°100
08 juin 2008
D’ombre et de lumière
Exposition de photos de Touhami Ennadre le 05 juin à la villa des arts de Rabat

Hands of the world 1978-82 © Touhami ENNADRE
Les photos de Touhami Ennadre sont un coup de poing dans le ventre. Le ciel qui vous tombe sur la tête. Chacun de ses clichés est un condensé d’émotions fortes, une remise en question de tout. Remise en question de ce que vous avez pu lire ou apprendre sur l’ombre et la lumière, sur le noir et le blanc. Remise en question de ce que l’on a pu vous dire sur les voleurs d’images, sur leurs intentions et leurs secrets du métier. Touhami Ennadre vous pétrifie, ne vous laisse pas indemne.
Le photographe, dont la renommée n’est plus à faire dans le monde (il est bardé de prestigieux prix) et pourtant si rare et méconnu dans son propre pays, est un génie. Sans abus de langage aucun. Son travail, comparé aux peintures de Van Gogh et aux poèmes de Rimbaud, a l’intensité et la force propres à ceux qui marqueront à jamais l’histoire de l’art. Touhami Ennadre, fils de l’ancienne médina de Casablanca devenu parisien, n’a rien des photographes d’aujourd’hui. Aucun artifice dans ses clichés, aucune technique sophistiquée, mais un appareil auquel il a enlevé définitivement le viseur, en faisant du coup une extension de son bras et un capteur de cette “lumière noire” qui fait sa marque de fabrique. Ses portraits d’Américains face au 11 septembre, ses photographies de poissons aux yeux exorbités, d’animaux dépecés et de mains entrelacées, sont le regard qu’il porte sur “la violence, la misère et la mort”. Un regard comme il en faut pour nous ouvrir les yeux.
TelQuel n° 327

Trance1993-2004 © Touhami ENNADRE
Sur le site de photographe marocain, natif de Casablanca et Habitant Paris, vous pouvez lire ces mots écrits par lui même:
" Le sens de mon travail est de faire ressurgir l’essentiel, il n’est jamais illustratif. Mes photos dépendent uniquement de la rencontre et de ma lumière. Je travaille dans le mouvement et je n’utilise pas de viseur. Il n’y a pas d’intermédiaire entre mon regard et le sujet. Je suis mon propre viseur. Comment peut-on photographier en fermant un œil et en lorgnant par un trou de serrure ? Pour moi, un appareil photo n’est pas un fusil à lunette. Être présent, regarder directement est une façon d’échapper au voyeurisme.
Je travaille en 6 x 6 cm. Je développe moi-même mes rouleaux et tire le tout en épreuves de travail ; ensuite, j’opère une sélection de l’ordre d’une photographie sur trente ou quarante et constitue la série sur laquelle je vais travailler. Commence alors un très long travail. A titre d’exemple, le tirage d’un grand format avec tout ce que cela représente d’essais et de dessins et de découpages des caches, demande un minimum de 12 heures de travail.
Mes agrandissements sont uniques, d’un format proche de 1,30 x 1,50 m. Uniques non pas par refus de la duplication, mais par la nature de mon travail. En effet, pour chaque photographie, je dessine une série de caches et module les temps d’exposition; si une photographie peut être voisine, elle ne sera jamais identique, d’où l’unicité et le fait que mon œuvre relève de l’art plastique autant que de la photographie. Je dois toujours trouver ce noir qui éclaire, qui donne un sens au drame. La lumière est dans l’acte qui t’emmène au noir le plus profond."

New York Nine-Eleven 2001 © Touhami ENNADRE
14 mai 2008
Au-delà des murs
La Open Society Institute (OSI) ,NewYork
et
La Source du Lion, Casablanca
Présentent une exposition de photographies documentaires
Du 15 mai au 14 juin
A l'Ecole des Beaux Arts de Casablanca

© Ali Chraïbi, , Downtown Memories, 1999-2000
Du 15 mai au 14 juin, l'Ecole des Beaux-Arts de Casablanca abritera « Au-delà des murs », une exposition de photographies documentaires organisée et financée par la Open Society Institute (OSI), fondation privée basée à New York.
L'exposition, qui offre à voir le travail de sept photographes, fait l'objet d'une tournée internationale qui a démarré à Bahrein le 2 mai 2006, à la galerie Al Riwaq, et qui a voyagé dans plusieurs pays du Moyen-Orient lors de ces deux dernières années.
Portraits, reportage de guerre, humanitaire, social, montage photos, « Au-delà des murs » propose des regards d'artistes passionnants et incitant le public à la réflexion et au dialogue à la fois sur l'œuvre et sur son sujet.
Par ailleurs, la Open Society Institute, en partenariat avec la Source du Lion ont lancé un appel à proposition invitant les photographes marocains habitant au Maroc à soumettre leurs travaux en vue de les intégrer à l'exposition.
A l'issue de cet appel, c'est le travail du photographe Ali Chraïbi sur la condition ouvrière et intitulé « Modern Times » qui a été sélectionné – conjointement par l'OSI et La Source du Lion - et figurera donc parmi celui des sept autres à l'Ecole des Beaux-Arts.Toutes les photos qui seront exposées ont été réalisées à Aïn Harrouda et Aïn Sebâa, (banlieues de Casablanca), au sein d'une fabrique d'huile et de savon.
En parallèle à l'exposition « Au-delà des murs », se tiendra un atelier de photographie documentaire destiné aux photographes marocains résidant au Maroc.
Photographes exposants:
Gary Fabiano
Aleksandr Glyadyelov
Eric Gottesman
Edward Grazda
Lori Grinker
Andrew Lichtenstein
James Nubile
Ali Chraïbi
Vernissage le 15 mai à 18h30,
école des beaux arts
de Casablanca .
25 avril 2008
Rencontres Internationales de la Photo
de Fès
(25 Avril - 14 mai 2008)

Aujourd'hui voit le vernissage ( Galerie Slassi) de la 2ème édition des Rencontres Internationales de la Photo de Fès qui s’articule autour d’une exposition de jeunes photographes de la Méditerranée, sous le commissariat du marocain Fouad Maazouz, une sélection de la dernière Biennale de la Photo de Bamako qui s’est tenue en novembre-décembre 2007, intitulée "Dans la ville et au-delà", une exposition du photographe iranien Abbas, membre de Magnum, une autre dédiée à l’architecture religieuse au Mali de Christian Scheytiser et pour finir une dernière du Centre Cervantes, soit un total de plus de 360 photos exposées dans la ville. Les partenaires de l’Institut Français de Fès sont la ville de Fès, Culturesfrance, l’Ambassade de France, la Fondation Esprit de Fès, le Centre Cervantes, et l’Agence Magnum.
13 février 2008
Paris: histoires minimales
de Khalid SOUQBI
Je n’ai jamais visité Paris, mais j’en connais beaucoup. Capitale de la France, Symbole de liberté égalité fraternité, ville des lumières (oh comme elle est chère aux photographes, m’écrit l’artiste photographe Thami Benkirane auteur de Moroccain graffiti) et parmi les villes de Mode les plus connues partout dans le monde. Le noyau de la révolution, la réserve des œuvres, le rêve de tout un chacun. Un eldorado sur terre pour tout dire. J’en connais qu’u seul visage. Le plus beau qu’il soit.
Les photos qu’a présentées Khalid SOUQBI à l’Institut Français de Fès (du 08.01 au 06.02.2008) m’ont tout changé ou presque. Ses histoires minimales ont pris place à mes histoires maximales, me permettant de voir les « Sept visages », comme le disent les Marocains, d’une ville pas comme les autres.
· Visage sombre :

Paris n’est pas du tout le modèle utopique décrit par Platon dans La République, comme on le devine. Elle est tout simplement une ville sans cœur, sans grâce, pour les uns, « une terre de rejet » selon l’auteur, et, bien sûr, un Paradis pour d’autres, « une terre d’accueil ».
Ses photos des SDF éparpillés partout, avec un point de vue particulier, une technique de traitement qui met en valeur les sujets sans les isoler de leur milieu, jusqu’ils deviennent des parties intégrantes de ce puzzle dit « Paris ».
· visage énigmatique :

les silhouettes de passants reflétant dans les flaques d’eau, les expressions indifférentes des gens dans le métro, les clichés des autorités de l’ordre révèle un autre visage de Paris, un visage impénétrable, énigmatique qui nous laisse se poser des pourquoi et des comment. Paris est une ville sans début et sans fin, et entre ces deux extrémités illimitées se sont tissées ces histoires que nous raconte ce jeune photographe, faisant de cette ville un livre ouvert sur tous les horizons, un mythe qui se transmet de génération en génération.
· visage révolutionnaire:

La Bastille est le point de gravité de Paris, avec " une charge historique dans la mémoire collective des Parisiens" reconnaît le photographe avant d’ajouter : « les Parisiens exploite n’importe quelle occasion pour y venir, pour fêter ou pour se révolter, célébrer leur joie ou colère ». Il a pu monter ces sentiments de joie, de colère, de vie, dans ses photos de manifestants, d’homos et de danseurs sur les abribus.
· genre documentaire ?
Est-ce qu’on peut classer ce travail sur Paris, par un Marocain, dans le genre documentaire ? Pas du tout. Khalid SOUQBI a pu échapper des clichés touristiques qui s’imposent sur un étranger, de l’objectivité d’un reporter en partant du quotidien avec une vision singulière, « subjective » m’avoua-t-il.
Pourtant, le concept « histoires » ne manque pas dans cet œuvre, surtout avec l’utilisation d’un cadre inhabituel. Ces cadres dans un seul nous permettent « de lire entre les photos comme on peut lire entre les lignes dans le monde de l’écrit » selon Anne-lise Broyer, et à chaque observateur de créer ses propres histoires minimales autour de Paris. Un cadre dynamique, provocateur, qui donne au terme « histoire » sa vraie portée.
PS : j’ai commencé ce message au café « Le Paris » à Fès le 05.02.2008, question d'être à Paris pour écrire sur.
l'ensemble des photos de l'exposition de Khalid SOUQBI sont publiées sur son blog: http://khalidsouqbi.artblog.fr/
09 janvier 2008
Paris : Histoires minimales
© Khalid Souqbi
Exposition
Photographies de Khalid Souqbi
« Paris, une ville aux multiples facettes. Chaque jour, ses rues sont le théâtre de toutes sortes de situations, parfois surprenantes, mais qui ne surprennent plus, comme ces individus que la ville a absorbé et réduit à de simples motifs ajoutés à son énorme papier peint. Mais Paris, cest aussi un certain bonheur qui résiste à la douleur et la désillusion. Car si les temps sont durs et que les hommes de pouvoir ne sont pas toujours source d'enthousiasme, la lutte et le refus font partie de cette vie parisienne et de ses histoires.» Khalid Souqbi.
"Suite à une résidence d'artiste à la Cité des Arts de Paris, Khalid Souqbi, jeune photographe et vidéaste prometteur, nous livre un regard singulier sur la ville des lumières." c'est ce que vous pouvez lire sur le site de l'institut français de Fès où se tient cette exposition du 08 janvier au 06 fevrier.
Je ne l'ai pas encore visitée pour donner un avis personnel.
26 décembre 2007
Moroccan Graffiti

sur les pas de Thami BENKIRANE © PhotoAyour
Dans la Galerie de l'Institut français à Fès (Maroc) se tient "Moroccan Graffiti", l'exposition du photographe marocain Thami BENKIRANE jusqu'à le 29 décembre. Le vernissage a eu lieu le 8 novembre.
Le 8 décembre, je l'ai rencontré à Fès après un rendez vous, il est si gentil et si aimable. Sa rencontre est le meilleur cadeau que j'ai jamais reçu dans mon anniversaire (08/12).
Sur son blog vous pouvez lire ces phrases et voir une trentaine de photos/ sujet de Moroccan Graffiti:
" Cette série de photographies se fonde sur l’esthétique de la « troisième image ». Celle qui résulte, lors d’un diaporama, de la projection en fondu enchaîné de deux images. Techniquement, cette écriture photographique qui évoque le palimpseste repose sur la surimpression d’images directement à la prise de vue sur film argentique. L’auteur éprouve un attachement sensible et sensuel à la matière rebut, aux graffitis oblitérés ou tenaces, aux fragments d’affiches lacérées, à la rouille, au délabrement des murs, à la ruine… et à tout ce qui révèle l’implacable travail d’érosion du temps. Cette alchimie coloriste, plastique et manifestement maniériste de la troisième image donne lieu à des rencontres formelles et graphiques dont le décalage par rapport à la réalité bouleverse notre sensibilité visuelle habituelle."
Pour information, dès le 18 janvier 2008, cette expo sera de nouveau visible à l'institut français de Meknès. Soyez nombreux a y accéder.
NB: la photo la dessus a été réalisée par assemblage de deux photos sur un logiciel de retouche d'images contrairement au procédé utilisé par notre photographe Thami BENKIRANE.


















