une photo, un clin d'oeil eternel

Je photographie, donc j'existe.

26 septembre 2008

La vraie TINDOUF !

      Dans cette série, il n'est pas question d'un reportage proprement dit photo-journalistique sur la manière d'habiter d'une bonne partie de marocains, ni d'un carnet de voyage d'un touriste étranger étonné, ébahi par un autre Maroc, le profond, l'Inutile et "le plus laid pays du monde", ni d'une collection d'oeuvres d'art rarissime retraçant l'histoire de l'empire chérifien, Al Maghrib, mon pays de merveilles. Et, surtout, ces photos n'ont même aucun rapport avec les camps de Tindouf, chef-lieu du territoire du front du Polisario.
      Il s'agit tout simplement d'une autobiographie. Une autobiographie plutôt collective que personnelle, dans laquelle la lumière et l'encre se complètent pour raconter le mal-être d'un douar, dont le nom, Lemrayr fait partie du champ lexical de Lmerrara (la bile) et lemrara (l'amertume), ce n'est plus du tout un simple hasard, un nom qui évoque la souffrance et la marginalisation qui étouffent ses habitants, qui vivent comme si c'était au Maroc pré-colonial, celui du 19ème siècle.
      Lemrayr est le plus grand bidonville à Missour, la ville de la moyenne Moulouya et , c’est dans sa prison, tristement célèbre, qu'Abderrahim Bouâbid a été séjourné en résidence surveillée pour avoir refusé l’organisation du référendum au Sahara en 1981. Il (le douar) s'est construit durant 40 ans en abritant les villageois de la province, de la haute Moulouya et de la région de Talsint, village du faux pétrole, qui fuyaient la sécheresse et le chômage. Il compte aujourd'hui environ 1000 ménages, répartis en Lemrayr Soufla (la basse) et Lemrayr Ôulya (la haute), séparés par Oued Lemrayr, un affluant de Moulouya.
      Seules quelques centaines de mètres (environ 200m) séparent le douar de la ville de ces deux côtés. Au sud, entre Lemrayr soufla et le nouveau quartier se dresse l'école Nour (Lumière) et témoigne de la différence. Il en va de même au nord, pour Lemrayr Ôulya et le nouveau lotissement Annajah (réussite), l'école Ibn Alkhattab reçoit des écoliers des deux agglomérations et de la Qachla, la caserne militaire des blindés.
      Malgré cette proximité et l'ancienneté du douar par rapport à ces deux quartiers, il vit encore une situation in-enviable. Les instituteurs des deux écoles primaires ne trouveraient pas de mal à trouver des exemples pour parler à leur élèves du Maroc contradictoire.

      Une tournée parmi les baraques, en images et textes.

4
Imagnez un été, où la chaleur atteint les 40° à l'ombre, sans réfigirateurs !

1
Imaginez les nuits longues de ramadan sans télévision!
L'électricité est-elle un droit ou pas?

La plupart des habitants sont soit des Kessaba (éleveurs de moutons)....

17
.... soit des Hemmala.

6
Les habitants du douar souhaitaient que le roi leur rende visite
lors de sa visite à Missour le 12 avril 2008

7
Entre douar Lemrayr (1er p.) et le quartier Bir Anzarane (dernier p.)
l'école Nour (Lumière, au milieu) témoigne de la différence.

13
Les enfants y sont les victimes n° 1, ils sont pourtant marocains que leurs parents
ils récitent chaque matin à l'école "manbita al ahrar", l'hymne national

8
Les familles qui n'ont pas accès au réseau de l'ONEP de l'eau potable
continuent à utiliser la fontaine publique pour leurs divers tâches.

3
Le samedi 20.09.08 Missour à vécu un Tsunami de pluie-grêle,
la victime n°1, le douar dont les maisons sont construites de terre et recouvertes de roseaux.

Lemrayr à Missour, Lido en plein Fès, Carian Centrale et autres à Casablanca... de vraies Tindouf au sein de l'empire chérifien, le Maroc du 21ème siècle !

Posté par photoayour à 02:28 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Merci pour cette petite leçon d'histoire, géographique et même linguistique, un cours complet :)
Les noms d'un douar, ne sont pas là par hasard et expliquent bien des choses!
Le Maroc contradictoire... Ceux qui avancent (Toujours les mêmes!) et ceux qui stagnent!
Tes photos sont très parlantes et douloureuses!
Merci Lhoucine de nous montrer le Maroc tel qu'il est!
Bises.

Posté par Tigwenn, 26 septembre 2008 à 14:41

Toutes nos cités urbaines ont leur

mur de la honte et leurs bidonvilles. Il suffit simplement de faire un petit voyage en train pour en rencontrer le long de la voie ferrée...Plus la population gonfle plus la misère s'accroît et plus les bidonvilles augmentent...Le cercle vicieux ou la quadrature du cercle...
Dans l'un des commentaires des images tu dis :
"L'électricité est-elle un droit ou pas? "
Mais sur la deuxième image, on voit des poteaux électriques, et sur la septième image, on voit des antennes de télévision !?
Est-ce que l'électricité est d'introduction récente ? Est-ce qu'elle ne touche que certains quartiers et ignore d'autres ?

Posté par too banal, 26 septembre 2008 à 16:56

la boombe

bien jouer prof ta fait le bon chois pour le bon reportage excellent travaille comme toujours


ton cher étudient abdelatif sehli

Posté par abdelatif sehli, 27 septembre 2008 à 23:59

Je suis ravi, Tigwenn, que ce billet aie arrivé à vous monter le vrai Maroc, c'est d'ailleurs la mission je compte accomplir désormais sur ce blog..
Oui, Too, j'ai pris le chemin de fer maintes fois, les maisons les plus laides du Maroc, ornent les deux rives des rails... La deuxième photo a été prise du quartier voisin, le douar est sur le dernier plan juste avant la coline, les baraques ont la couleur de terre.. Les télés fonctionnent grâce à l'énergie solaire ou en utilisant des batteries qu'on recharge régulièrement..
Merci Adbellati pour tes compliments et pour tes visites régulières, je suis ému.

Posté par PhotoAyour, 28 septembre 2008 à 23:47

aid mabrok allah idakhlo bssaha o ssalama 3lik a khoya a Alhocine o 3la moslimines ajma3in .
je vois que tu prend un chemin des reportages bien réussi aprés Ahaidous que j'ai bien aimé , tu nous montres une partie du maroc contradictoire et comme tu as déja dit que tu vas publier des billets de notre blad par ta propre vision , je te félicite et je te souhait une bonne contuniation mon ami et sois sure que je suis toujours à coter , meme je laisse pas souvent des traces.

à bientot

Posté par anis, 01 octobre 2008 à 02:04

Chou3our moutabadal Anis,
c'est vrai que je viens d'emprunter une nouvelle voie photographique, celle des reportages, un photojournalisme amateur, subjectif et engagé... je pense de temps en temps que je ne suis pas fait pour l'art ou bien je n'ai pas ces atouts;

Tes photos "enfantines" sont bien réussies, et merci pour les traces que tu laisses sur ce blog;
Photoamicalement
Lhoucine.

Posté par PhotoAyour, 01 octobre 2008 à 23:56

j'aime ton regard et ta démarche, du beau et du bon travail !

Posté par pedro, 02 octobre 2008 à 06:25

Quand compte-tu…

… passer aux environs de chez moi, au bdville des Carrières centrales, qui vit ses derniers jours, en attendant son transfert à Lahrawyne. Je te raconterai sa légende séculaire et je te montrerais ses merveilles. A bientôt, j'espère!

Posté par jilbido, 24 novembre 2008 à 19:18

merci, Sakid pour tes passages et tes commentaires et pour ton invitation. Je pense que je vais venir à Casa durant Ras lâm (la tête de l'année!!), en ce moment c'est hors du possible à cause du travail.
Prends soin de toi.

Posté par PhotoAyour, 26 novembre 2008 à 15:40

la crève

les mauvaises herbes finissent toujours par crever , tel un boumédiène cancéreux, ainsi a été le sort de ce blog malfaisant et malodorant

Posté par vrai marocain, 11 mai 2009 à 15:51

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=244145&pid=10584901

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :